Il est sûrement des moments plus propices que d’autres pour relire sa vie. Lorsque l’on est sur le point d’y mettre fin, par exemple.

Le 8 juin 1979, Jean-Louis Bory trace le portrait de cet être en lui qu’il a toujours escamoté aux regards des autres, même les plus proches : “je débusquais en moi, sous la défroque clinquante du “brillant jeune homme”, le vieil imposteur, le tricheur à qui la verve et la rapidité de son débit, sinon de son intelligence, ont permis de jeter de la poudre aux yeux d’un public étourdi par ses astuces de bonimenteur et de parade foraine“.

Le 11 juin, de retour dans sa retraite de Méréville, il tirait deux coups de feu en forme d’épilogue à cette double existence : d’abord au plafond, puis droit dans le cœur.

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Jean-Pierre Chevènement : « La France est-elle finie ? » (Fayard ; 19 euros)

Il est des temps comme ceux là où peu de voix semblent percer le duvet cotonneux d’un débat politique sans trop d’aspérités. Conforme jusque dans ses exagérations, le forum se rapetisse dans des proportions qui finiront par faire douter de son existence même. L’eau tiède envahit tout et l’on passe son temps à se demander si l’on a trop froid pour ce qu’il fait chaud ou trop chaud pour ce qu’il fait froid. L’air du temps s’est climatisé à outrance.

La France ne s’ennuie pas. Elle nous ennuie.

Non que les idées fassent défaut. Tous horizons confondus, jamais l’on a brassé autant de concepts, produit autant de notes et écrit autant de savants ouvrages. Fondations, think tanks, partis, sites web…, la géographie des idées présente de jolis contours.

Non que les talents désertent. A chacun d’apprécier ici la silhouette de son champion, ou de ses puisque le pluriel n’a jamais été une forme de conjugaison interdite ou inopérante en politique.

Non surtout que les enjeux manquent. Inégalités, mal être, déséquilibres liés au mode de développement, tensions internationales, défis sociétaux…, la vie et le monde ne cessent de tirer par le bas de leur toge des élites souvent dépassées.

Alors ?

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Selon une bien méchante légende, au moment d’être passé par les armes, Pancho Villa se serait trouvé dépourvu de la moindre petite sentence à offrir en pâture à l’Histoire. Au désespoir, il se serait alors écrié : “Dites que j’ai dit quelque chose !”. Sur ce 1er forum des think tanks, qui réunissait à Paris Sorbonne-Centre universitaires Malesherbes, 23 formations aussi disparates que L’association pour la Fondation de l’écologie politique et L’Institut de l’entreprise, sans oublier le CRREA de Jean-François Kahn, il a bien failli m’arriver pareille mésaventure.

Non qu’il faille déplorer l’échec d’une manifestation par ailleurs fort bienvenue : victime au contraire de son succès (800 personnes sur la journée), elle connut même l’un de ces petits bugs d’organisation qui comme chacun sait sont le symptôme presque inévitable des initiatives jeunes et dépourvues d’arrière-pensées. Cette affluence était bien le signe d’une curiosité profonde pour des think tank séparément encore mal connus, et qui pour la première fois avaient pris le parti de s’afficher en bande.

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L’annuel des idées

Posted: novembre 11, 2010 in Articles "vie des idées"

Collectif, sous la direction d’Emmanuel LEMIEUX : “L’annuel des idées 2010″ (Bourin Editions)

Quoi de plus réjouissant qu’un ouvrage consacré aux idées et qui entame ses 461 pages d’analyses, portraits et débats par une petite leçon sur la sérendipité, soit “l’art de faire des trouvailles”. Surtout lorsque ce barbarisme désigne précisément “la faculté de trouver ce que l’on ne cherchait pas et que l’on surmonte”. Appliqué à un homme politique français dont la récente prestation télévisée de médecin malgré lui a eu récemment un certain succès, ce serait de trouver la porte du 55 faubourg Saint-Honoré en partant faire une course sur Virginia avenue.

Autre concept tonique utilisé pour ouvrir cette annuel 2010, l’abduction, ou l’art d’élaborer des hypothèses à partir de fait étonnants. Rien moins qu’une salutaire incitation à pratiquer une “désobéissance productive” dans le domaine des idées, incitation que les auteurs illustrent in petto en multipliant les angles neufs, les portraits décalés et les concepts iconoclastes. Un “festival d’intelligence” donc, et un opuscule qu’il sera plus profitable à l’honnête homme de dégainer que de dédaigner.

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Taylor BRANCH : « Clinton Tapes » (Flammarion ; 21 euros ; 2010)

Petites alcôves et grande Histoire font parfois de drôles de rencontres.  Ainsi, sans le bras de fer engagé entre Bill Clinton et le congrès sur la question cruciale de la dette, il n’y aurait pas eu suspension du gouvernement. Sans cette suspension, la Maison blanche n’aurait pas été vidée de la presque totalité de son personnel, ne laissant en présence que le président et quelques stagiaires. Et jamais Monica Lewinsky et Bill Clinton n’auraient alors eu la tentation de s’isoler pour de lestes conciliabules lesquels, aussi discrets fussent-ils, devaient pourtant être entendus de la planète toute entière.

Présentée ainsi, l’histoire est finalement moins sévère pour le président des Etats-Unis d’Amérique, victime une fois de plus des manœuvres d’un congrès hostile. Saisie au fil du récit que nous livre Taylor Branch, cette relecture assez enlevée en dit long sur le niveau critique de son livre. Joinville de Bill Clinton, l’auteur de “America in the Kings years” a inventé l’embaumement sans douleur.

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Olivier BAILLY : “Monsieur Bob” (Ecrivins; Stock; 14,50 euros)

Robert GIRAUD : “Le vin des rues” (Ecrivins; Stock ; 15,50 euros)

Jean-Paul CLEBERT : “Paris insolite” (Attila ; 22 euros)

Philippe MEYER : “Un Parisien à travers Paris” (Robert Laffont ; 17 euros)

En ce temps là, coude au comptoir, l’on savait être facétieux. A l’heure de commander, vous pouviez sans indisposer quiconque opter pour un staline, un socialiste, un chômeur ou un mendès, soit un verre de vin rouge, un rosé, un verre d’eau ou un demi de lait. Les mélanges étaient déconseillés (l’Histoire a prouvé qu’ils n’étaient pas toujours digestes) et quelque soit la combinaison, l’épilogue était écrit d’avance. Une affichette fort opportunément placée au dessus du bar vous le redisait en terme simples : “Surtout n’oubliez pas de payer. Même si vous buvez pour oublier”. Lire la suite »

Allain Leprest, poète

Posted: janvier 23, 2010 in Frères d'âme

Avenues du souvenir

Posted: janvier 23, 2010 in Mélange d'articles

C’est une belle et tragique histoire. Et comme dans toutes les belles et tragiques histoires, il y a un héros. Acteur et victime à la fois, traversé de mille contradictions, hésitant sur son destin mais inflexible sur ses principaux traits, ce héros est fait de fulgurances et de doutes, de lutte et de silence, de grandeur et de petitesse. Allende, Castillo, Dorfman, les trois livres évoqués ici tournent autour de ce personnage principal, le scrutent et l’interpellent, tentent de le piéger, de l’émouvoir, de le saisir, pour tous enfin se réfugier dans la certitude de lui appartenir. Le peuple chilien, ce « pueblo » fier et meurtri, élégant et lâche, coupable et sacrifié, cette petite multitude de 15 millions d’âme qui aujourd’hui encore, en cet anniversaire de la mort d’Allende, semble danser d’un drôle de pas autour des miroirs qu’on lui tend, voilà le héros de cette histoire. Et qui peut se targuer de savoir tout d’un peuple ?

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Les arêtes de la vie

Posted: janvier 23, 2010 in Mélange d'articles

Marc VILLEMAIN : «  Et que morts s’ensuivent » (Nouvelles ; Seuil ; 17 euros)

Ainsi selon l’auteur, et si l’on en croit une forte formule énoncée au détour d’un paragraphe en apparence anodin, ainsi donc « ceux qui souffrent le plus sont ceux qui se taisent le mieux ». On pourrait le croire. On se prend à chercher des exemples de cela, pas loin, pas loin du tout même. Et puis, on se dit, comme cela, oui on se dit pourquoi alors, histoire après histoire, pourquoi Géraldine Bouvier a-t-elle réussi à nous démontrer l’exact contraire ? Lire la suite »

Des voix sous la cendre

Posted: janvier 23, 2010 in Mélange d'articles

"C'est le sens de ces testaments enterrés. Ne pas laisser geler les coeurs. Jamais plus"

Voix sous la cendre (Cliquez sur le lien)